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20 septembre 2021
Action UPP en cours

Zoom sur les lauréats de la bourse UPP/PICTO

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Le 16 Septembre nous vous avons annoncé qu'Aline Deschamps et Julien Pebrel sont les deux lauréats de la première édition de la bourse UPP-PICTO organisée par L’Union des Photographes Professionnels. 
Ils reçoivent tous les deux une dotations qui a pour objet de les aider à réaliser leur sujet et à le présenter au sein d’une exposition commune qui aura lieu à la Maison des photographes, siège de l’UPP.

Nous vous invitons à mieux découvrir ses photographes, leur univers et leur projet. 

Aline Deschamps (lauréate adhérentes de l'UPP) 


© crédit photo : Aline Deschamps

Aline Deschamps, née en 1991, est une photographe franco-thaïe. Elle est titulaire d’une maîtrise en relations internationales (La Sorbonne-Paris1), d’une licence photo de l’EFET (RNCP 2) et d’un post diplôme en arts numériques (EPSAA). Passionée d’arts et de géopolitique, son travail aborde des questions sociales et identitaires telles que la migration, l’exil et l’héritage culturel. À travers son objectif, Aline cherche à traduire visuellement des témoignages sociaux, et à remettre en cause la représentation dominante de ses sujets. Ce qui l’intéresse est de déconstruire les codes, de rencontrer l’autre et de l’interroger aussi bien sur ses peurs que sur ses aspirations. Plus récemment, son projet à long terme, « I Am Not Your Animal », dépeint des travailleuses domestiques migrantes auLiban. Ses portraits intimes visent à créer un changement visuel par rapport à la façon dont ces femmes sont généralement représentées dans les médias grand public.

Sa série I Am Not Your Animal est un témoignage visuel du quotidien d’anciennes employées domestiques au Liban. Le titre de la série découle des discussions avec ce groupe de femmes sierra léonaises, qu'Aline Deschamps  pour la première fois rencontrées au printemps 2020. Toutes ont partagé  leurs expériences d’exploitation et de déshumanisation. Une phrase ne cessait d’être répétée : « Ils ne me traitaient pas comme un être humain, ils me traitaient comme un animal. »
I Am Not Your Animal se présente comme une réponse visuelle à la façon dont ces femmes sont perçues. La série tente de traduire l’expérience intersectionnelle d’être une femme noire migrante au Liban, confrontée au racisme systémique dans un pays où le corps noir n’est souvent réduit qu’à une seule position : celle de la « bonne ». Esclavagisées dans le système de la kafala, ces femmes s’étaient soit échappées de la maison de leurs employeurs, soit avaient été abandonnées dans les rues de Beyrouth en 2020, en pleine pandémie et dans un contexte d’effondrement économique du pays. La majorité n’avait pu récupérer ni passeport, ni salaire, et n’avait donc aucun moyen de retourner chez elles. Coincées à Beyrouth, elles tentent de survivre ensemble et partagent leurs sentiments de peur, de honte, de chagrin, et la mince lueur d’espoir de pouvoir un jour retrouver leur famille.
Tout en veillant à ne pas effacer la souffrance de ces femmes, le travail de documentation lent et apaisé du quotidien offre une nouvelle vision des travailleuses domestiques migrantes dans la région. À travers des moments de joie et de complicité, la série célèbre quelque chose qui leur a été si souvent refusé au Liban : la célébration d’être une femme noire.


© Aline Deschamps 

La série vise aussi, dans un deuxième temps, à documenter la vie de ces femmes une fois rapatriées dans leur pays : comment après des mois ou des années d’esclavage moderne arrivent-elles à se réintégrer dans la société et au sein de leurs famille? Ce deuxième futur volet formerait un échange épistolaire visuel entre les travailleuses domestiques piégées au Liban et leur quotidien en Sierra Leone. À travers la juxtaposition de lettres manuscrites, la série vise aussi à rendre compte d’une violence plus latente et personnelle : celle d’être bloquée dans un pays étranger et de communiquer l’ineffable.

© Aline Deschamps 


© Aline Deschamps 

Les travaux d’Aline ont été relayés plusieurs médias internationaux (BBC, P3, L’Oeil de la Photographie, O’Globo, Mille, Middle East Eye). Elle a aussi participé à plusieurs tables rondes sur la documentation de la traite humaine, du système kafala et de "l'artivisme" (OIM, Stanford University Arab Student Club, Thomson Reuters Foundation, G20 Civil Society). Ambassadrice Canon, Aline vit à Paris et collabore en freelance avec plusieurs médias dont Libération.


Julien Pebrel ( lauréat non adhérent)



©Tamar Kalandadze

Julien Pebrel est un photographe indépendant, membre de l’agence Myop, il partage ma vie entre Paris et Tbilissi. Après une formation scientifique, il s'est orienté vers la photographie en étudiant le photojournalisme à l'EMI-CFD à Paris. Ces dernières années, il a travaillé en majeure partie dans l'espace qu'on qualifie souvent de post-soviétique, en Moldavie, en Russie, en Bulgarie, en Roumanie dans le delta du Danube et dans le Caucase du Sud : Arménie, Géorgie, Abkhazie et Haut-Karabagh.


© Julien Pebrel

Depuis 2017, il se concentre sur la Géorgie où il mène un projet documentaire photo et vidéo touchant différentes problématiques de la Géorgie contemporaine (réfugiés, développement économique, traitement des minorités ethniques et religieuses, frontière avec les républiques sécessionnistes, etc) et à son expérience intime avec ce pays. son travail a été soutenu entre autres par le CNAP, la SCAM, le journalismfund.eu et l’Université de Californie du Sud et a été publié, entre autre, dans M le Magazine du Monde, XXI, L’Obs, the Sunday Times Magazine, The Financial Times Magazine, the Guardian, Internazionale, The Washington Post, Géo, nationalgeographic.com,

   
© Julien Pebrel

Sa série "Le Royaume de Dali" :
lls sont cinq bergers, perdus dans la steppe du sud-est géorgien : Jemal, Anzor, Levan et Simon et enfin Beso, le responsable de cette équipe de bergers dont la ferme est située à quelques kilomètres de l’Azerbaïdjan, au pied du Mont Dali, nommé ainsi d’après une déesse de la mythologie géorgienne, patronne des animaux sauvages. L’été la température est caniculaire, mais l’hiver l’herbe est meilleure qu’ailleurs et le climat plus doux. Ils passent donc six mois ici et six mois dans les montages de Javakhétie pendant la période estivale. Et comme intermède entre les deux saisons, la transhumance qui dure deux semaines.
Julien Pebrel les a suivi en 2019 dans cette région et un tout petit peu pendant leur transhumance et aimerait avec la Bourse UPP-PICTO  poursuivre ce projet en allant les rencontrer dans les hauts plateaux de Javakhétie en été et en suivant plus longuement leur transhumance.

    
© Julien Pebrel





1 Commentaire

Stéphane SAYEB
Il y a 2 mois
Ia ora na, excellent article et félicitations aux lauréats dont le parcours est enrichissant et exemplaire pour la communauté. (Svp, relisez vous et corrigez vos « coquilles » !). Mauruuru (Merci en Tahitien)

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